lundi, septembre 05, 2005

Je me suis fait une Pub sur la plage.

Ils sont rigolos les gens. Ils pensent que c’est du tout cuit la soupe qu’on leur sert à la télé … (je parle de celle pour laquelle il faut qu’ils aient le cerveau disponible, on est bien d’accord, hein ?). Ils voient un petit spot de 20 ou 30 secondes et ils n’imaginent pas la dose de désagréments que cela a pu représenter pour des dizaines de personnes que de produire un bidule pareil.

Tenez, par exemple, la semaine dernière, j’étais sous les tropiques pour superviser un tournage de pub faisant la promotion d’un excellent lait pour la croissance des enfants de 12 à 36 mois, que je ne saurais trop conseiller aux mamans.
Comme je ne peux pas vous faire un making-of (ouais ben, c’est pas Nike, non plus !), laissez moi vous narrer quelques péripéties qui vous rendront peut-être un peu compatissant avec les galériens que nous sommes.


Après avoir voyagé 10 heures en classe confort en sentant presque dans mon cou le souffle culpabilisant des pauvres gens de la classe éco, et une demi heure de plus dans un taxi de standing médiocre, j’arrive enfin à l’hôtel. Là, à peine le temps de prendre un peu de repos dans le jacuzzi, d’enfiler mon peignoir en nid d’abeille et de fumer une blonde en dessinant le paysage sur ma terrasse avec vue sur l’océan qu’il faut déjà partir en réunion.
Premier désagrément, je m’aperçois que le maillot de bain de la jolie mannequin métisse qui va jouer la maman risque d’être un peu voyant, et me voici obligé d’arpenter les rues commerçantes et de faire du shopping en compagnie de « collegues » qui, bien qu’aimables, me font marcher des heures sans jamais se préoccuper de ma soif. Au final, le maillot n’est pas à la bonne taille, d’où : contrariété !
S’en suit la visite du Carrefour local afin de trouver les packs de produit dont nous aurons besoin le lendemain. J’en profite pour souligner le manque de prévoyance de ma collaboratrice. Ah mais ! Bien que ce détour soit exotique (habitant Paris, je n’ai pas souvent l’occasion de me rendre dans des grandes surfaces) la lassitude m’envahit quelque peu… je crois même que j’ai baillé.
Que dire de la soirée que nous passâmes en tête à tête restaurant, abandonnés par le reste de l’équipe qui devait caler la journée de tournage du lendemain… qu’elle fut délicieuse, et alors ?
Dois-je mentionner le détour de plusieurs kilomètres sur les routes sinueuses des falaises offrant une vue sublime sur le front de mer que j’ai du faire pour retourner à mon hôtel parce que personne n’avait pensé à m’informer de la fermeture de la route ? Bref…

Première journée de tournage :
Levé à sept heures (je sais, c’est atroce, mais il faut que le vérité soit dite !) alors que je serais bien resté dans le lit king size de cet hôtel**** de bord de mer, un peu impersonnel certes - la chambre était presque trop grande, mais je ne m’en suis pas plaint, je sais être magnanime.
Arrivé sur le plateau où l’on vous sert cafés et croissants. Bon, heureusement.
Et là, il faut imaginer le tableau : une plage de sable blanc qui colle au tongues, l’océan à peine à 29° et un soleil implacable qui transforme instantanément en marques de cycliste le magnifique bronzage intégral que j'avais peaufiné pendant deux semaines de vacances dans le Luberon. J’enrage.
Le tournage qui est constamment retardé par les bourrasques de vents, les déferlantes qui montent jusqu’à la caméra, les enfants qui refusent de sourire sur commande, les comédiennes qui ne connaissent pas leur texte, les paille-en-queue qui passent dans le champs… vous l’avez compris : un enfer.
Et, cerise sur le gâteau, après cette journée passée sur une chaise à transpirer au soleil, je n’ai même pas pu aller me baigner, alors que j’avais pris mon maillot en prévision… et cela à cause de prétendus requins. J’ai donc noyé ma déception dans l’eau turquoise (bien que légèrement chlorée) de le piscine de l’hôtel, puis dans une bouteille de champagne accompagnée de spécialités locales épicées, tant pis.

Seconde journée :
Après un réveil aux aurores (deux fois de suite, c’est à la limite du tolérable) et un petit-déjeuner roboratif et laborieux au bord de la piscine, nous tournons les derniers plans avec les enfants aussi rétifs que la veille et sous un soleil toujours plus brûlant. Puis, après avoir pris l’apéritif et déjeuné au bord de la plage (heureusement, on m’a invité), nous passons directement au dérushage et au montage dans un studio éloigné de près de 30 km de l’hôtel, rendez-vous compte.
Le pompon c’est lorsque les personnes qui devaient m’accompagner à l’aéroport m’ont perfidement semé dans la circulation indigène, puis, par je ne sais quel hasard, m’ont retrouvé en prenant soin de bien me faire sentir que je n’étais pas très débrouillard. Ils ont poussé la goguenardise jusqu’à me suivre à la douane pour vérifier que je ne ratais pas mon avion… mais je ne suis pas dupe, j’ai bien vu que c’était pour m’humilier.

Je vous passe le retour, tout aussi éprouvant que l’aller.

Ah, vraiment, non, le gens ne se rendent pas compte de ce que l’on peut endurer dans la publicité.

PS : Nacha, tu sais on se demandait à quoi ça pouvait bien servir la Pub…. Ben, à ça !

11 Comments:

Blogger Bibz, voire Didine said...

Mouahahah!!! je comprend bien que tout ca a du être eprouvant... mais tu te fouterais pas un de la gueule du monde ??

05 septembre, 2005 18:28  
Blogger Jim_de_Vil said...

>>Bibz : Comment oses-tu écrire une chose pareil ?

05 septembre, 2005 19:37  
Blogger trinity said...

Tu sais etre magnanime?lmao,trop drole.Bibz ,la je dois te dire,que je rejoins jim,j aurai pas aime non plus...les vacances,c est un etat d esprit,lol.

06 septembre, 2005 04:28  
Anonymous weena said...

je ne sais pas trop comment le prendre... quel dur séjour tu as passé.... jamais content ces mecs... tu ne serais pas parisien???? je suis véxée!!!!

06 septembre, 2005 06:50  
Anonymous Anonyme said...

>>Weena : c'est de l'ironie métropolitaine... et bien sur, c'était tout le contraire... juste parfait !

06 septembre, 2005 09:22  
Anonymous weena said...

pas d'inquiétude... c'était de l'ironie tropicale...

06 septembre, 2005 09:33  
Anonymous Anonyme said...

c'est quoi un paille-en-queue?

06 septembre, 2005 09:44  
Blogger Jim_de_Vil said...

>>anonyme : Un paille en queue (Phaeton lepturus), c'est un très bel oiseau marin qui ne vit qu'à la Réunion ... euh d'après ce qu'on m'a dit.
>> http://www.iledelareunion.net/faune/paille_en_queue.php

06 septembre, 2005 10:28  
Anonymous nacha said...

Hein on m'a parlé ?
J'étais pas là non plus ces derniers jours mais de toute façon, la réponse à ces passionnantes questions sur le sens profond de la publicité ne figure pas dans ton post. Je compte sur toi pourtant !

10 septembre, 2005 18:59  
Anonymous Anonyme said...

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03 mars, 2007 07:42  
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